• 105-0583_IMG.jpg
  • 105-0587_IMG.jpg
  • 105-0599_IMG.jpg
  • Mosset.jpg
  • Mosset2.jpg
  • P1250270_.jpg

Notre village et son histoire

A PROPOS DE LA FAUNE DE LA VALLEE DE LA CASTELLANE

Au lieu de dresser un panorama à coup sûr incomplet, décousu et peu scientifique de la faune qui séjourne aujourd'hui à Mosset et dans sa vallée, je vais plutôt tenter de comparer mes observations actuelles à celles qu'enfant j'ai pu faire -guidé par mon instinct prédateur- durant les vacances scolaires, lesquelles se déroulaient, je vous le rappelle, du 14 Juillet au 1er Octobre.

Cependant, comme cette rubrique est écrite début Octobre, je ne peux passer sous silence, au niveau de la flore mossétane, le renouveau du Crocus ou Safran à fleurnue que mes amis s'évertuent à nommer « Colchique d'Automne », le rouge des merisiers faisant « tache » au milieu de la hêtrée qui, elle, tend de jour en jour, à se teindre de blond et de marron... enfin, toujours dans la forêt, le brillant des feuilles des houx épineux dont les quelques individus observés étaient dépourvus de fruits ainsi que les touffes de gui installées près du sommet des pins sylvestres (Pi roig).

Safran à fleur nue
Crocus ou Safran à fleur nue
 
Cosmos en automne
Cosmos en automne

En outre, sur les vieux murs délimitant les jardins du village, les pieds de lilas d'Espagne (Centranthe rouge) refleurissent peut-être pour concurrencer les belles couleurs des fleurs de Cosmos, oeillets d'Inde et autres Dahlias cultivés.

 

De même, les terres en friche du côté de Corbiac, le talus de la route du Col et les jardins à l'abandon sous le Reg de la Ville sont couverts du jaune lumineux des fleurs du peu sympathique Séneçon du Cap alors qu'en plaine, autour de Perpignan, l'Inule visqueuse, également colorée de grappes jaunes, a colonisé en force les territoires agricoles délaissés.

Séneçon du Cap envahissant une friche mossétane
Séneçon du Cap envahissant une friche mossétane

Revenons donc à la faune et à mes souvenirs de jeune villeret à Mosset !

Par exemple, qu'est devenue cette compagnie de « rouges » (perdius) qui, tard dans la matinée, alors que s'allongeait sur le parapet la file des clients de Julien le boulanger, se donnait en spectacle en piétant vers les hauteurs protectrices de la Rebolleda (bois de jeunes chênes), après s'être abreuvée dans le « canal de la ville » ? Elle n'a pas été renouvelée et les rappels estivaux des perdreaux se font de plus en plus rares du côté des Tuires. Il faut dire que l'abandon de la gestion de la majorité du territoire par le Mossétan a favorisé la « fermeture » du milieu naturel avec prolifération de cistes, genévriers, prunelliers, ronciers puis chênes... et cela n'est pas « bon » pour la perdrix !

Vigne vierge en Novembre
Vigne vierge en Novembre

Et ces familles de pies bavardes (garses) qui se querellaient au faîte des grands peupliers de « Coma gelada » (ravin gelé) et dont, parfois, on dénichait la couvée ou la nichée contre récompense de la mairie ? Pour quelle raison n'en voit-on plus alors qu'elles me paraissent de plus en plus présentes ailleurs, dans le département ?

Victimes, dans les années 70, d'une campagne d'éradication particulièrement réussie, elles ont malheureusement et semble-t-il définitivement, disparu de l'environnement mossétan.

Et le Grand Tétras ou coq de bruyère du Madres dont la préservation est inscrite dans le bréviaire de Natura 2000 ?

Le seul « gall salvatge » par moi observé gisait, mort, dans un petit garde-manger (el rebost) grillagé dont il occupait tout l'espace... Nous étions dans les années 45-50 et ce superbe oiseau avait été abattu par le maître des lieux, en l'occurrence l'abbé Jean Pérarnaud, celui-là même qui avait rétorqué à son évèque qui désirait le muter à Perpignan : « soc pas un ocell de gàbi, soc un ocell de bosc ! » (Je ne suis pas un oiseau que l'on met en cage, je suis un oiseau des bois ! »

*Je dois cette citation à Robert Ducommun, un amoureux de la vallée.

Par contre, je n'ai pas souvenir du sifflet tonitruant ou du corps jaune vif et des ailes noires du loriot (Oriolus oriolus) alors que depuis quelques années, dès le milieu du printemps, non seulement je l'entends mais je le vois dans son vol rapide et ondulé...voire posé tels ces cinq mâles*comptés, en juillet, sur le squelett e d'un châtaignier immense.

*La femelle est plutôt vert jaunâtre.
Les faucons châtelains
Les faucons châtelains

A Mosset,les anfractuosités des anciennes fortifications du vénérable château d 'Adhémar abritent non seulement les nichées de pigeons domestiques qui ont, bizarrement,déferlé sur Mosset il y a quelques années (cet été, j'en ai compté jusqu'à trente huit autour de la Font de les Senyores) mais également des visiteurs estivaux comme le martinet noir(Apus apus), les hirondelles de fenêtre (petite, blanche et noire) et de cheminée (plus grande, queue fourchue, gorge rousse), le fauconcrécerelle (Falco tinnunculus) ainsi qu'un merle bleu que je n'ai plus aperçu depuis deux ans ; cependant, ce n'est pas pour rien que la science l'a baptisé Monticolasolitarius et ses mœurs solitaires le rendent difficilement repérable.

Ces mêmes vieux murs abritent le rouge queue noir qui me paraît de plus en plus présent dans les ruelles du village et les vieux cortals abandonnés... alors que la bergeronnette grise (Motacilla alba) « tricote » sur les toitures ou le Plaçal du château et que le moineau (pardal) qu'il soit des champs ou domestique reste toujours aussi querelleur...

Que dire de ce migrateur incertain, l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), dont une « bande » colonise à l'année et le clocher et les fortifications du château ?

VIORNE OBIER sur les hauts du village
Viorne Obier sur les hauts du village

PS : A propos du clocher, si les pavés granitiques qui le constituent ne souffrent guère de son envahissement par les pigeons et les sansonnets, il n'en est pas de même de son bicentenaire de pin qui pourrait pâtir de l'attaque acide et concentrée des fientes de ces volatiles ; d'où la pose d'un filet de pêche sensé éviter la pause des oiseaux...Mais dame tramontane est passée par là et le pin est à nouveau découvert.

 

Et la Castellane, que nous offre-t-elle ?

Si la truite Fario garante avec le Desman des Pyrénées de la relative pureté de ses eaux est toujours et heureusement présente, on ne peut pas dire de notre rivière qu'elle est exceptionnellement poissonneuse, loin s'en faut ; naguère, c'était la pression du braconnage (a palpe mans, al filat o a l'exugada) qui en limitait la population ; par contre, le Cincle plongeur, ce « merle d'eau » au blanc plastron dont le vol rapide et rasant me surprend toujours, reste le gardien de la « châtelaine ».

Je n'aurais garde d'oublier, sur les hauts du cours, le saumon des fontaines dont on doit l'introduction à ce fidèle amoureux de la Castellane qu'est Jean Sarda... mais que sont devenus les vairons que nous pêchions, enfants, sous le pont (el pontaró) du mas Sant Julia (l'actuel mas Triado) et les barbeaux truités du gourg d'en Dolfe ?

Enfin, signalons un hôte dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à ces dernières années : le Héron cendré observé trois fois (était-ce le même individu ou trois différents?) en aval de la Carole.

 

Et les mammifères ? Quels changements ai-je observé depuis mon enfance ?

Fa temps (cela fait tout de même soixante ans!) quand il se tuait officiellement, c'est-à-dire au cours d'une battue réglementaire, un grand sanglier, tout le village était au courant et saluait l'exploit ! On taisait alors le nombre de bêtes noires victimes du braconnage -affût nocturne, collet de cablette, « mécanique » véritable mise en scène mortelle pour ces animaux...

De nos jours, el singlar est tellement présent que, certaines années, il paraît avoir remplacé le garenne d'avant le docteur Delisle et son virus de la myxomatose.

Cependant, cet animal de mœurs plutôt crépusculaires sinon nocturnes ne se montre guère en plein jour et seuls ses profonds labours, ses souilles voire ses étrons témoignent de sa présence.

Isards à la Balmette du Madres
Isards à la Balmette du Madres

Et si le sanglier, en compagnie de cervidés nouvellement introduits -cerf et biche,chevreuil et chevrette- règne dans nos bois, plus haut, au-delà de la Balmette du Madres, c'est l'autochtone Isard proche du Chamois alpin qui fait la loi en compagnie récente du Mouflon et de la Marmotte plat de résistance de l'Aigle royal.

 

Et maître Renard, ce prédateur de la gent trotte-menu, du lapin et des poulaillers... Que devient-t-il ?

D'hier persiste une image : celle d'un goupil mort, abattu par un chasseur de grives ; étalé sur la neige, il n'a plus que trois pattes ! La manquante sûrement abandonnée à la mâchoire d'un piège à loup.

Aujourd'hui, en fait cet été, j'ai croisé plusieurs fois un renard sur la route du Col ; je pense qu'il s'agissait du même animal : ne manifestant aucune crainte, d'allure tranquille, belle queue empanachée...Notre dernière rencontre, sur le talus au-dessus des ruines du Monastir, fut assez insolite : à cinq mètres de ma voiture à l'arrêt, moteur tournant, le renard était là, figé devant une touffe d'épilobes sous laquelle devait se terrer un mulot ; l'animal m'a jeté un regard indifférent puis a repris sa pose sans se soucier de ma présence... Après cinq minutes d'observation, lassé, j'ai repris ma route.

A plus tard ! Si vous le voulez bien !

Erable champêtre
Érable champêtre
Hêtre du niu de l'Astor
Hêtre du niu de l'Astor