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Le Collectif pour la Libération du Madres

Son premier Succès

1 - La veille de la grande marche prévue, Groupama fait marche arrière et le fait savoir par Indépendant interposé

article de l'indépendant du vendredi 28 septembre 2012 :
http://www.lindependant.fr/2012/09/28/le-pic-du-madres-libere,167902.php

Ce randonneur ne sera plus hors-la-loi
Ce randonneur ne sera plus hors-la-loi.  © Photo Xavier Hamond

Nous avons décidé que l'accès au pic du Madres est libre et le restera, ce sans autorisation et à effet immédiat". Ter-mi-née ! Après plusieurs semaines d'agitation, le président Groupama Méditerranée Amaury Cornut-Chauvinc a mis hier soir un terme à 'l'affaire du pic du Madres' révélée dans L'Indépendant du 23 août. Une déclaration d'apaisement qui survient à la veille de la marche revendicative organisée demain.

Un tollé général
Incompréhension, colère, indignation et pour finir mobilisation... Comme au bon vieux temps de la Septimanie qui avait soulevé la vindicte populaire sang et or (avant d'être enterrée mort-née), la décision de Groupama, propriétaire des lieux, d'interdire l'accès du site aux randonneurs* avait soulevé un tollé général et dressé la foule contre elle. Pétition, collectif de défense, courriers des lecteurs, appels à manifester... Aux cueilleurs de champignons se sont rapidement ajoutés les promeneurs et autres usagers et amoureux de la montagne pour crier au scandale sur fond de loi Stratae. Un écho repris en choeur par les catalanistes et les élus de tous bords. Ainsi, alors qu'à Prades le conseil municipal adoptait une motion condamnant Groupama, le président de région Christian Bourquin invitait le groupe mutualiste à ouvrir des négociations "car personne n'a jamais interdit l'accès à la montagne". Amaury Cornut-Chauvinc ne sera pas celui-là. Le président de Groupama Méditerranée vient en effet de signer une convention avec la présidente du conseil général Hermeline Malherbe pour officialiser cette marche en arrière dictée par un esprit de conciliation.


"Nos intérêts ne sont pas opposés"

Pour L'Indépendant, il revient sur 'l'affaire' et s'explique : "Groupama, propriétaire du Domaine de Cobazet, sur la commune de Mosset, a dû mettre en place une procédure d'autorisation destinée à gérer le flux des visiteurs qui vont du refuge du Caillau au pic du Madres. En effet, si on ne peut que se féliciter de l'engouement d'un nombre croissant de nos concitoyens pour la randonnée, la gestion de la fréquentation d'un massif au caractère exceptionnel relève d'une logique de protection des espèces et des paysages dont les amoureux de la nature sont les premiers bénéficiaires. Voilà pourquoi Groupama a dû mettre en place une procédure d'autorisation afin de gérer la fréquentation de ce versant du massif du Madres conformément aux responsabilités qui lui incombent. Il s'agit, d'un domaine classé en zone Natura 2000 qui induit des engagements avec l'ONF (Office national des forêts) en charge de la cogestion de la forêt avec Groupama et avec l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) dont les agents suivent les espèces sur le territoire. Beaucoup de ces aspects ont été sortis de leur contexte, jusqu'à la caricature, ce que je déplore parce que la dramatisation d'une situation rend difficile le retour à la sérénité et au dialogue. C'est pourtant mon souhait le plus cher depuis le début".

Une main tendue vers les amoureux de la nature qui s'inquiètent d'une restriction du passage sur le Domaine du Cobazet : "Je les comprends et je les entends. Mais aujourd'hui, le respect mutuel doit guider notre action. Je respecte et je comprends la volonté des partisans d'un libre passage par le Domaine du Cobazet. Je demande en retour qu'ils respectent les modalités de gestion qui sont les nôtres et les choix qui s'imposent à nous en tant que gestionnaires. Nos intérêts ne sont pas opposés, ils convergent puisque nous sommes tous attachés à la préservation d'un territoire exceptionnel et à la sauvegarde des espèces qui y vivent. Nous sommes tous des amoureux de la nature".

Et le président d'expliquer les raisons de ce revirement : "Encore une fois, l'heure est au dialogue et à la concertation, nous réfléchissons depuis plusieurs semaines à des solutions concrètes, mais nous les voulons durables et équitables, et cette réflexion responsable ne doit pas être menée dans la précipitation. Je viens de signer la convention que le conseil général m'a envoyée qui formalise toutes ces dispositions qui ne visent qu'un objectif : préserver un site exceptionnel. Et pour ce faire, nous comptons sur le soutien de l'ensemble des acteurs".

2 - mais la marche est maintenue et devient festive plutôt que revendicative

article de l'indépendant du vendredi 30 septembre 2012 par Jean-Claude Frances :
http://www.lindependant.fr/2012/09/30/ils-ont-participe-au-rassemblement,168415.php

Pyrénées
Ils ont participé à la marche de "libération" du Madres
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Temps fort de la marche : l'ouverture de la barrière installée par Groupama.  © Photo J.-C. Frances

Ils étaient au moins 500 selon les organisateurs, la police absente n'a pu contredire ce chiffre. Cinq cents malgré la pluie, réunis pour répondre à l'appel du collectif Madres. Vendredi, devant la levée de boucliers provoquée par l'interdiction d'accès à la partie du massif dont il est propriétaire, Groupama et son directeur avaient fait marche arrière, en acceptant le droit d'accès au refuge de Caillau. Pas suffisant pour le collectif, pour qui le "combat continue".

"La convention que monsieur Cornut-Chauvinc (Ndlr : directeur de Groupama Méditerranée) a signée cette semaine, il l'a en main depuis juillet 2011. Il a fallu que la présidente du conseil général le relance fortement et une importante mobilisation pour cela", indiquait le collectif dans un communiqué. En clair, en montagne, on reste méfiant vis-à-vis d'un effet d'annonce tombé opportunément la veille de la marche. De plus, le collectif se bat plus largement pour le respect d'une loi... du XIe siècle.

"Même sous les seigneurs d'Aguilar"


Randonneurs, vététistes, ramasseurs de champignons, chasseurs, éleveurs, pêcheurs, élus ou non… voulaient défendre ce droit de passage que leur donne la loi "stratae", qui remonte donc au moyen-âge mais est toujours applicable. "Même sous les seigneurs d'Aguilar, seigneurs de Mosset, il y avait un droit de passage", entendait-on hier pendant la marche. La décision de Groupama, décidant d'interdire le passage à tous les randonneurs sur sa propriété privée avait visiblement laissé des traces. Tout comme l'embauche de gardes chargés de refouler les amoureux du site, qui a profondément choqué les locaux.

La principale concession de Groupama concerne le passage vers le refuge du Caillau enclavé dans sa propriété privée et qui pourra être rénové. Mais le fait que le site soit réservé à la chasse privée et la construction d'une piste de 3 mètres de large sur plusieurs kilomètres, réalisée par Groupama, attisaient encore la collère.

Appuyés par de nombreux élus

"Je suis adhérent à Groupama, je suis donc quelque part propriétaire de ce territoire, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais m'y promener", expliquait l'un des participants. "Nous respectons la propriété privée, mais ne comprenons pas l'interdiction de passage. C'est Groupama qui met en péril l'environnement avec la création d'une piste dans un site de grand tétras espèce protégée, pas nous", ajoutait un autre. La présence de nombreux élus permettait de mesurer à quel point l'émotion restait grande en montagne.

Cependant, un parfum de victoire traversait les rangs des marcheurs. Notamment lorsqu'ils ont ouvert symboliquement la barrière posée par Groupama. Ils ont écouté les félicitations et remerciements exprimés par Alain Siré au nom d'Hermeline Malherbe, présidente du conseil général qui "s'est beaucoup engagée pour le respect de ce droit de passage ancestral sur le massif du Madres". Si, pour elle, la victoire est acquise, reste à obtenir que tous les chemins retrouvent leur droit de passage, désormais nouveau combat du collectif.



Pour Hermeline Malherbe la situation est débloquée

Marcheurs et membres du collectif restaient très combatifs hier, mais, pour Hermeline Malherbe, présidente du conseil général et qui a arraché l'accord de passage, la partie est quasiment gagnée. "Je me réjouis de la décision de Groupama de lever l'interdiction d'accès au Pic du Madres, a-t-elle fait savoir hier dans un communiqué rappelant l'injonction faite par le conseil général à Amaury Cornut-Chauvinc, de signer une convention de passage sur le chemin dit "Chemin de fer minier" reliant le refuge du Caillau au Coll del Torn. La signature de cette convention qui autorise le passage du public pédestre, équestre et VTT sur le Chemin de fer minier sur la commune de Mosset permet donc de débloquer la situation et de rendre ce site exceptionnel à nouveau libre d'accès".

 

article de l'indépendant du vendredi 29 septembre 2012 :
http://www.lindependant.fr/2012/09/29/500-marcheurs-dans-le-massif-du-madres-alors-qu-un-nouveau-combat-se-prepare,168405.php

Mosset
Ils ont participé à la marche de "libération" du Madres
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Les marcheurs, ce matin devant la barrière érigée par Groupama.  © Photo Jean-Claude Francès

Ni le mauvais temps, ni l'annonce par Groupama de la levée de l'interdiction d'accès au massif du Madres, aux confins des Pyrénées-Orientale et de l'Aude, n'ont découragé les marcheurs, ce matin, de se rendre sur place. 500 personnes et une dizaine de maires des P.-O. et de l'Aude ont participé à la randonnée prévue ce samedi matin.

Ils ont symboliquement ouvert la barrière érigée par Groupama (photo) et les guides et randonneurs ont arpenté le site dans une ambiance détendue. Si l'interdiction de circulation a été levée par le propriétaires, il s'agissait pour les manifestants de montrer leur vigilance.