• 105-0583_IMG.jpg
  • 105-0587_IMG.jpg
  • 105-0599_IMG.jpg
  • Mosset.jpg
  • Mosset2.jpg
  • P1250270_.jpg

Art et Culture

Kerouac à Mosset !

01        Pour qui suit l’actualité du festival de Cannes, il a forcément dû entendre parler de dernier film du cinéaste brésilien Walter Salles : Sur la route, adaptation du roman mythique de Jack Kerouac (sortie en salle : 23 mai).

 

        Noté sur mon agenda : voir le film, lire Sur la route, lire ce qu’on a écrit sur Kerouac. Chaque chose en son temps : dans les rayons de notre bibliothèque de Mosset, je suis tombé sur cette biographie de l’écrivain.

 

        J’en dirai deux ou trois mots.

 

        1. Son auteur n’est pas un inconnu à Mosset. Avec son épouse, Rosemary Bailey, il a vécu quinze ans (de 1988 à 2003) dans le prieuré de Corbiac. Je permets de citer quelques lignes prises au blog de la Dame de Corbiac en personne, Rosemary :

 

        Elevée au rythme des sermons de son pasteur baptiste de père, Rosemary prend vite le large et entame une vie de hippie, qui la mènera à Londres où elle devient journaliste. Elle rencontre son adorable mari Barry Miles, écrivain comme elle, et part pendant plusieurs années au cœur de Manhattan avant de revenir vivre à Londres.


        Sur un coup de coeur, ils achètent en 1988 Corbiac, un monastère en ruine dans une vallée idyllique des Pyrénées Orientales au-dessus de Prades. Commence alors l’incroyable aventure de sa restauration, par ce couple d’Anglais intellectuels bohêmes vivant exclusivement de leurs revenus erratiques d’écrivains, bredouillant à peine le Français…

 

        Comment ce livre est-il arrivé dans notre bibliothèque. J’ai trouvéc la réponse dans le n° 6 du Journal des Mossétans (mars-avril 1999) à la rubrique « grandir avec les livres » tenue par Marie-Jo Delattre : « Notre petite bibliothèque a fait l'acquisition de quelques nouveautés : […]Et enfin, en version française, de notre ami Miles Barry du mas Corbiac, une biographie de Jack Kerouac roi des beatniks. » (L’année même de sa parution aux éditions du Rocher).

 

        2. Soyons clair : cette biographie ne vous fera pas aimer l’individu Jack Kerouac. Elle le dépeint comme un être ingrat, empêtré dans un oedipe mal résolu, égocentrique, avare et pique-assiette, traître à ses amis, raciste et antisémite, époux et père toujours fuyant ses responsabilités… Hum ! Portrait à charge comme on voit. Qui ne doit pas nous empêcher de lire son œuvre magistrale, à commencer par Sur la route.

 

        3. Je m’arrête enfin, pour pinailler, sur deux affirmations rigolotes, parce que fantaisistes à mon avis, de Barry Miles. Expliquant l’origine du nom Kerouac, il écrit page 29 que « Ker en breton signifie d’ordinaire un véhicule (c’est de là que vient l’anglais car) ». Et plus loin : « Kér en breton (est aussi) à l’origine de cher ou chéri… ; en normand, le mot oa’ch signifie époux. Il se pourrait donc que Kerouac veuille dire ‘époux bien-aimé’ ». Sans être bretonnant, j’ai toujours entendu dire que ker renvoyait à un lieu habité. Voici d’ailleurs ce que dit Wikipedia à ce sujet : « Keroac, ou Kirouac, pourrait être une autre graphie de kergoat issu de ker signifiant maison et goat signifiant bois, petite forêt d'où maison du bois. »

 

        Autre affirmation un peu légère de Barry Miles sur un des pseudonymes de Kerouac. Page 58 : « (en 1943) il se servait déjà de ce nom Duluoz, où l’on retrouve un écho de Daoulas, patronyme grec très répandu à Lowell. » C’est au moins négliger une autre explication : Daoulas est bien sûr le nom d’une petite ville bretonne située au fond de la rade de Brest.

 

 02

4ème de couverture du livre de Barry Miles, Jack Kerouac, roi des beatniks (éd. du Rocher, 1999)